La rougeole demeure une menace significative en République Démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans les zones rurales où la couverture vaccinale reste inférieure à 95%. Entre 2020 et 2024, une résurgence de cas a été observée, mettant en évidence des failles dans la surveillance épidémiologique et la vaccination. Cette étude a pour objectif d’analyser la dynamique spatio-temporelle des cas de rougeole dans la zone de santé rurale de Bosobe, afin d’orienter les stratégies de contrôle.
Réalisée sous forme d’une étude écologique rétrospective, elle s’appuie sur les données du registre des cas confirmés recueillis auprès des autorités sanitaires. Les analyses descriptives ont permis d’étudier la répartition géographique et l’évolution temporelle, en calculant les taux d’incidence et de létalité, et en identifiant les zones à risque. Sur cinq ans, 2 405 cas confirmés ont été enregistrés, avec une incidence moyenne de 155,80/10 000 habitants. La létalité moyenne s’établissait à 2,16 %, avec un pic dans l’Aire de santé de Dungu (8,12 %). L’incidence annuelle a augmenté de 2020 à 2022 (p<0,01), puis a diminué par la suite. La distribution spatiale a montré une concentration accrue dans certaines zones, notamment Iboto (incidence : 453,53/10 000), contre Mpanda-Lukeni (27,44/10 000). La différence entre zones était statistiquement significative (χ²=45,76, p<0,001).
Pour réduire la transmission, il est essentiel d’atteindre une couverture vaccinale ≥95 %, de renforcer la surveillance épidémiologique, et de sensibiliser les communautés, en particulier dans les zones à forte incidence. La mise en œuvre de stratégies intégrées est indispensable pour contrôler efficacement la rougeole.
