Introduction : Le stress professionnel est une préoccupation majeure dans le domaine des soins infirmiers. En oncologie, la charge émotionnelle et la complexité des soins y sont particulièrement élevées. Le modèle de Karasek (demande psychologique, latitude décisionnelle et soutien social) fournit un cadre reconnu pour évaluer les contraintes psychosociales au travail.
Méthodes : Une étude observationnelle transversale à visée descriptive et analytique a été menée auprès d'infirmiers exerçant dans l'Institut national d'oncologie de Rabat. Les données ont été collectées au moyen d'un questionnaire sociodémographique et professionnel et d'une version abrégée du Job Content Questionnaire (JCQ) de Karasek. Des analyses descriptives, bivariées (test exact de Fisher, Chi2) et multivariées (régression logistique) ont été réalisées. Le seuil de significativité a été fixé à p < 0,05.
Résultats : Sur les 55 infirmiers inclus (70,9 % de femmes, âge moyen 33,9 ± 8,2 ans), la prévalence du job strain était de 30,9 % (n = 17) et celle de l'iso-strain de 18,2 % (n = 10). Les scores moyens étaient de 26,39 ± 2,47 pour la demande psychologique, 26,99 ± 2,57 pour la latitude décisionnelle et 31,80 ± 2,92 pour le soutien social. En analyse multivariée, l'exercice en hôpital de jour était associé au job strain (OR = 3,14 ; IC95 % : 0,93 à 10,58 ; p = 0,065).
Conclusion : Une proportion de 30,9 % des infirmiers en oncologie présentait une situation de job strain. L'exercice en hôpital de jour tendait à être associé au job strain. Ces résultats militent pour une surveillance des contraintes psychosociales dans les services d'oncologie et des actions de prévention ciblées.
